Printemps de Bourges: dernier acte

Foals

  • L’ambiance change à Bourges une fois le week-end venu. Tandis que la fatigue rend plus discrets les gens présents depuis le début de la semaine, une masse de jeunes et de gens d’ailleurs débarque. La foule est plus difficile à supporter, chaque cri de joie résonne dans ma tête comme une agression, les oreilles se font moins disponibles pour la musique et les distances entre deux endroits semblent s’allonger… Il est tant que cela se termine.

 

  • Dernière journée qui se résume à l’énorme soirée proposée conjointement sous le chapiteau du Phénix et au palais d’Auron, archi-complète depuis quelques temps déjà et intitulée rock’n beat party  (sic). Programme très dense: d’un côté les petits nouveaux du Hype-o-mètre (We Have Band, Two Door Cinema Club et Pony Pony Run Run), de l’autre les brûleurs de dancefloor (Brodinski, Vitalic, Mr Oizo, Bloody Beetroots, Crookers) et puis, perdus quelque part entre les deux, Staff Benda Bilili et Foals.

 

  • Il y a beaucoup à dire sur le Phénix. Vaste chapiteau installé sur un parking, il est sûrement le lieu de concert le moins agréable et le plus impersonnel du printemps. Comme souvent avec de tels mastodons scéniques, la puissance nécessaire pour couvrir l’ensemble de la salle étouffe les subtilités de la musique jouée et un fossé semble séparer les artistes du public. Les congolais de Staff Benda Bilili en font l’expérience ce soir et c’est dommage: leurs performances réclament plutôt de l’intimité et de la proximité .

 

Staff Benda Bilili

  • Connus en France depuis la sortie de l’album Très très fort, ces musiciens, souffrant de la polyomélite et handicapés pour la plupart, proposent un joli mélange de musicalités: rumba congolaise, musique cubaine, rhythm’n’blues, reggae…Comme un pied de nez à leur condition, ils aiment à rappeler que les handicaps sont surtout mentaux et le montrent sur scène: leçon d’enthousiasme et d’humilité pour tout le monde. A découvrir absolument (mais pas sous le chapiteau du Phénix…).

 

  • Plus tard dans la soirée, Foals présente son second album Total life Forever (à paraître). Yannis Philippakis et sa bande font toujours dans le math-rock autiste et hypnotique. Très efficace sur scène et assurément l’un des sets les plus captivants de la semaine écoulée. Les morceaux du nouvel album laissent néanmoinsà penser que la machine à lisser les riffs est passée par là: l’ensemble paraît plus p(r)op(ret) et plus rangé.

 

  • Des choses moins sympas à écouter ensuite: We Have Band disco vintage à la Gossip (en moins costaud), Two Door Cinema Club electro hype, Vitalic électro tech genre folie des grandeurs et manque de simplicité. Ceci dit, cela donnait l’impression de très bien passer avec de l’acool et des amis.

 

Beat Assailant

  • Plus vraiment la force de décrire le reste. Mr Oizo, déferlante électro « vous êtes des animaux »; Bloody Beetroots, déferlante électro « on est pas des tricoteurs de pulls » … Le final au 22 vaut également le déplacement: Beat  Assailant et les Solillaquists Of Sound pour une dernière leçon de générosité hip-hop. Derniers aller-retours entre les scènes avant que le festival ne s’achève. Tandis qu’au loin, les basses finissent d’achever le Phénix, le long de l’auron, on fait déjà le deuil de cette édition.
    C’était bien hein. Tu rentres ?
    C’est ça. Je rentre.
    Merci Bourges.
    Il paraît que cette édition est un succès. Je ne suis pas étonné.
    Bravo pour la leçon d’éclectisme musical.
    A l’année prochaine.